KABUSECHA YABUKITA TEDUMI HIHUKU

Il n'y a pas encore d'avis.

Umami intense, ombré et cueilli main.

Deux gestes rares se rejoignent dans ce thé. Les théiers ont été couverts avant la récolte, c'est le hihuku, et les pousses ont été cueillies à la main, c'est le tedumi. Cultivé par Mochizuki Masaru, raffiné par Wada Chouji Shouten, ce kabusecha de Shizuoka se prépare très concentré et très frais : huit grammes, cent millilitres, soixante degrés. La tasse est dense, verte et longuement umami.

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Cueilli à la main, sous voile

Au Japon, plus de neuf récoltes de thé sur dix se font à la machine. Ce n'est pas une paresse, c'est une nécessité économique : la main-d'œuvre manque, les campagnes vieillissent, et une cueillette manuelle coûte plusieurs fois le prix d'un passage mécanique. Alors quand un producteur choisit encore de cueillir à la main, il ne le fait pas par nostalgie. Il le fait parce que le thé le mérite, et parce qu'il compte le vendre à quelqu'un qui saura pourquoi. Vous êtes ce quelqu'un.

Provenance des ingrédients

Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon. Cultivar Yabukita. Récolte ichibancha 2026, la première du printemps. Cultivé par Mochizuki Masaru, raffiné et sélectionné par la maison Wada Chouji Shouten (和田長治商店).

Ce nom mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il ne devrait pas être là. La filière japonaise sépare deux métiers que la France confond : le seisansha (生産者), le cultivateur, fait pousser le thé et produit la feuille brute ; le chashi (茶師), le maître de thé attaché à une maison de raffinage, trie, assemble et donne le feu final. Dans l'écrasante majorité du commerce, le nom du cultivateur disparaît à cette étape et le thé se vend sous celui du raffineur. Que Wada nous transmette le nom de Mochizuki Masaru signifie qu'il travaille en lots identifiés, et non en mélange de collecte. C'est vérifiable, et c'est rare.

Terroir

Nous sommes à Shizuoka, première région théière du Japon, dans l'arrondissement d'Aoi-ku qui occupe le nord de la ville. Les vallées de l'Abe et de la Warashina y forment la région historique de Honyama, où le thé japonais s'est construit. Une chose y frappe le visiteur au printemps : le brouillard. Il remonte des rivières au petit matin et s'attarde entre les rangs. Ce voile-là est naturel, il filtre la lumière et ralentit la pousse, et les producteurs de la région comptent avec depuis toujours. Le hihuku, l'ombrage artificiel dont il est question plus bas, fait la même chose en plus fort et en plus contrôlé. Sur ce thé, vous avez donc les deux, l'un donné par la géographie, l'autre décidé par le producteur.

Tedumi, la cueillette à la main

手摘み tedumi se traduit littéralement par « cueilli des doigts ». Le principe est simple à énoncer et difficile à tenir : on ne prend que le bourgeon et les deux premières feuilles, celles qui n'ont pas encore durci. Une cueilleuse expérimentée les détache d'un mouvement du pouce et de l'index, sans tirer, sans meurtrir la tige. Une machine, elle, coupe à hauteur fixe : elle prend le bourgeon, les deux feuilles, mais aussi la troisième, la quatrième, un bout de bois, et elle sectionne au lieu de détacher.

La conséquence est chimique, pas seulement esthétique. Les composés qui font la finesse d'un thé vert, les acides aminés dont la théanine en tête, se concentrent dans le bourgeon et la première feuille. Ils s'appauvrissent à mesure qu'on descend sur la pousse, tandis que les feuilles plus âgées apportent davantage de catéchines, donc d'astringence. Une cueillette qui trie à la source obtient une matière première homogène ; une coupe mécanique livre un mélange que le raffineur devra rattraper au tri, avec des pertes.

Mode de récolte Ce qui est prélevé Effet sur la feuille En tasse
Tedumi
à la main
Le bourgeon et les deux premières feuilles, choisis un à un Détachée sans meurtrissure, matière homogène Douce, dense, sans dureté
Ciseaux
récolte semi-mécanique
Une bande de pousses à hauteur choisie par l'opérateur Coupe nette, tri partiel possible Équilibrée, l'usage courant des bons thés
Machine
récolte mécanique
Tout ce qui dépasse à hauteur fixe, feuilles âgées comprises Sections et fragments, tri à rattraper au raffinage Plus verte et plus mordante

Une réserve utile, parce que nous n'aimons pas les raccourcis : la cueillette à la main ne fait pas à elle seule un grand thé. Une main experte sur une parcelle médiocre donnera un thé médiocre. Ce qui compte, c'est que le geste soit cohérent avec le reste, et ici il l'est : on ne couvre pas des théiers pendant deux semaines pour ensuite passer la machine dessus.

Hihuku, la couverture des théiers

被覆 hihuku désigne la couverture des théiers avant la récolte. Des voiles sont posés au-dessus des rangs et privent la plante de la plus grande part de sa lumière pendant une à deux semaines. Le théier réagit à cette privation, et c'est tout l'objet de l'opération. Les catéchines, responsables de l'astringence, chutent nettement. La part relative des acides aminés, dont la théanine, s'élève dans l'équilibre général de la feuille. Le rapport bascule, et avec lui le goût : là où un thé de plein soleil est vif et franc, un thé ombré devient rond, dense et salin. C'est cette sensation-là que le japonais appelle umami.

Attention à une formulation que l'on lit partout et qui est fausse : l'ombrage n'« augmente » pas la théanine. Il fait chuter les catéchines, ce qui change le rapport entre les deux familles. La nuance a l'air théorique, elle ne l'est pas : elle explique pourquoi un thé ombré paraît plus doux sans être plus sucré.

Nous ne connaissons pas la durée exacte de couverture de ce lot, Wada ne l'a pas communiquée, et nous préférons le dire plutôt que d'avancer un chiffre. Ce qui est établi, c'est la catégorie : kabusecha, l'ombrage court, distinct du gyokuro et de son ombrage lourd et prolongé.

Yabukita, le cultivar de référence

Le Yabukita est le pilier du thé japonais moderne. Il a été repéré en 1908 par Hikosaburo Sugiyama, un cultivateur de Shizuoka, parmi des théiers issus de semis, et enregistré en 1953. Son nom dit simplement où il poussait : au nord d'un bosquet de bambous. Il donne un thé équilibré, franc, à la structure nette, et c'est cette franchise qui rend l'exercice intéressant ici. Passé sous voile et cueilli à la main, un Yabukita ne devient pas un autre cultivar : il reste reconnaissable, mais adouci, épaissi, avec une longueur qu'il n'a jamais en plein soleil. Vous entendez le même instrument, joué autrement.

À la dégustation

Feuille sèche : des aiguilles fines et régulières, d'un vert sombre et profond, presque bleuté, signature des thés ombrés.

Couleur : une liqueur vert clair, dense, légèrement voilée.

Nez : herbe fraîche, algue nori, une note de bouillon végétal et un fond légèrement sucré.

Bouche : l'attaque est immédiate et pleine, le milieu franchement umami, presque salin, la finale longue et salivante. L'astringence est là, mais retenue, très en arrière.

Texture : épaisse et enveloppante, la conséquence directe du fort dosage.

Conseils de préparation

Le protocole du producteur : 8 g pour 100 ml, eau à 60 °C, 90 secondes. Ce n'est pas une coquille. C'est le protocole le plus concentré et le plus frais de toute notre gamme japonaise : beaucoup de feuille, très peu d'eau, à peine tiède. Ne cherchez pas à l'adoucir en allongeant, vous obtiendriez un thé plat.

Le récipient : 100 ml, c'est un petit volume. Une grande théière n'a aucun sens ici, la feuille n'y serait pas couverte. Prenez la plus petite que vous ayez, ou une tasse à thé japonaise avec un filtre fin. Servez en deux petites tasses plutôt qu'en un mug.

L'eau à 60 °C : versez l'eau bouillie dans une tasse vide, puis dans une seconde, puis dans la théière. Chaque transvasement fait perdre une dizaine de degrés et vous amène à peu près au bon point sans thermomètre. Une eau douce, faiblement minéralisée, sert nettement mieux ce thé qu'une eau dure.

Réinfusion : deux à trois fois, et c'est là que ce thé devient passionnant. Montez à 70 °C pour la deuxième, à 80 °C pour la troisième, en gardant des temps très courts, une trentaine de secondes. Chaque tasse est un thé différent : l'umami d'abord, la structure ensuite, le végétal pour finir.

La dernière gorgée : quand vous versez, allez jusqu'au bout et ne laissez pas une seule goutte dans la théière. Les dernières gouttes sont les plus concentrées, et ce sont elles que les Japonais appellent la meilleure part. C'est aussi ce qui évite que la feuille continue d'infuser entre deux services.

Astuce de dégustateur : 💡 gardez les feuilles infusées. Après la dernière tasse, elles sont tendres, entières et parfaitement comestibles : quelques gouttes de sauce soja, un filet d'huile de sésame, et vous obtenez une petite salade que l'on sert couramment au Japon. Sur un thé cueilli à la main, c'est aussi le meilleur contrôle qualité qui soit : étalez les feuilles dans une assiette et regardez-les. Elles doivent être entières, régulières, sans fragments de bois. C'est la preuve de la cueillette, et personne ne peut la falsifier.

La sélection MY SWEET TEA : nous avons pris ce thé pour l'accumulation de gestes qu'il représente : un cultivateur nommé, des théiers couverts, une cueillette à la main, un raffinage confié à un maître de thé. Chacun de ces gestes coûte, aucun n'est obligatoire, et tous se retrouvent dans la tasse. C'est le sommet de notre gamme japonaise.

Le saviez-vous ?

La cueillette manuelle du thé au Japon est aujourd'hui largement l'affaire des femmes des villages, souvent les plus âgées, et le savoir-faire se transmet moins qu'avant. Une cueilleuse chevronnée reconnaît la bonne pousse sans regarder, à la souplesse de la tige sous le doigt. Les concours de thé japonais, les 品評会 hinpyōkai, réservent d'ailleurs leurs meilleures places à des lots cueillis à la main : dans une dégustation à l'aveugle où tout le reste est excellent, c'est encore la cueillette qui départage.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un kabusecha ?
Un thé vert japonais dont les théiers ont été couverts d'un voile pendant une à deux semaines avant la récolte. Cet ombrage court fait chuter les catéchines responsables de l'astringence et donne une tasse plus ronde et plus umami qu'un sencha de plein soleil. C'est une catégorie distincte du sencha.

Est-ce un gyokuro ?
Non. Le gyokuro relève d'un ombrage lourd et prolongé, d'une vingtaine de jours ou davantage, et constitue une catégorie à part. Ce thé est un kabusecha, ombré plus brièvement. Nous préférons employer le mot juste : ces dénominations ont un sens précis au Japon.

Que signifie tedumi ?
手摘み, littéralement « cueilli des doigts ». La récolte se fait à la main, bourgeon et deux premières feuilles, détachés un à un. Plus de neuf récoltes japonaises sur dix se font aujourd'hui à la machine : la cueillette manuelle est devenue un choix coûteux et assumé.

Huit grammes pour cent millilitres, n'est-ce pas trop ?
Non, c'est le protocole du producteur et il est délibéré. Beaucoup de feuille, peu d'eau, une température basse et un temps court : c'est la méthode des thés ombrés, qui extrait l'umami sans l'astringence. Vous obtenez deux petites tasses très concentrées, pas un mug.

Peut-on le réinfuser ?
Oui, deux à trois fois, et il le mérite. Montez à 70 °C pour la deuxième infusion, à 80 °C pour la troisième, en gardant une trentaine de secondes. Chaque tasse révèle une facette différente : l'umami, puis la structure, puis le végétal.

L'ombrage augmente-t-il la théanine ?
C'est la formulation que l'on lit partout, et elle est inexacte. Ce que les mesures montrent, c'est une chute nette des catéchines, ce qui modifie le rapport entre catéchines et acides aminés. C'est ce basculement qui produit la sensation d'umami, pas une fabrication supplémentaire de théanine.

Ce thé est-il issu de l'agriculture biologique ?
Non. Wada Chouji Shouten ne travaille pas en agriculture biologique certifiée. Nous préférons le dire clairement : notre sélection chez ce producteur repose sur la qualité de la feuille et sur le savoir-faire du maître de thé, pas sur un label.

Contient-il de la théine ?
Oui, et généreusement : c'est un thé vert de première récolte, ombré, préparé très concentré. La teneur varie selon le dosage et la durée d'infusion. Il est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et aux personnes sensibles à la caféine.


Pour aller avec

Kabusecha Saeakari Hihuku, l'autre thé d'ombre de la maison →

Sencha Yabukita Tsuyobi, le même cultivar en plein soleil →

À lire sur le blog

Wada Chouji Shouten, le maître de thé de Shizuoka →

  • 90 SEC '
    Temps d'infusion
  • 8 g/30cl
    Dosage
  • 60° °C
    Température d'infusion
  • Matin
    Moment idéal

Ingrédients

100 % thé vert du Japon (Camellia sinensis), cultivar Yabukita, ombré avant récolte (kabusecha) et cueilli à la main (tedumi). Origine : Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon. Récolte ichibancha 2026. Cultivé par Mochizuki Masaru.

Informations Allergènes :

  • Aucun allergène majeur déclaré (selon le règlement UE n° 1169/2011).

💡 Note de pédagogie & Transparence : le kabusecha (かぶせ茶) est un thé vert japonais dont les théiers sont couverts d'un voile pendant une à deux semaines avant la récolte : c'est le hihuku (被覆). Cet ombrage court le distingue du sencha, cultivé en plein soleil, et du gyokuro, dont l'ombrage est lourd et prolongé. Le tedumi (手摘み) désigne la cueillette à la main, bourgeon et deux premières feuilles. Ichibancha (一番茶) désigne la première récolte de l'année, celle du printemps. La durée exacte d'ombrage de ce lot ne nous a pas été communiquée. Ce produit n'est pas certifié en agriculture biologique : la maison Wada Chouji Shouten ne travaille pas en bio.

⚠️ Précautions de consommation : ce produit est un thé vert, source naturelle de caféine (théine). Il est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et aux personnes sensibles à la caféine. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Caractéristiques

  • Type : Thé vert japonais d'ombre (kabusecha), cueilli à la main, avec théine
  • Saveurs : Umami, herbe fraîche, algue nori, bouillon végétal
  • Profil : Dense, rond et salivant, astringence très retenue
  • Particularité : Ombrage avant récolte (hihuku) et cueillette à la main (tedumi)
  • Dosage : 8 g pour 100 ml, eau à 60 °C, 90 secondes (protocole du producteur)

Passeport produit

  • Plante : Camellia sinensis var. sinensis
  • Cultivar : Yabukita
  • Catégorie : Kabusecha (かぶせ茶), thé vert ombré
  • Cueillette : Tedumi (手摘み), à la main
  • Ombrage : Hihuku (被覆), durée non communiquée par le producteur
  • Cultivateur : Mochizuki Masaru
  • Maison de raffinage : Wada Chouji Shouten (和田長治商店)
  • Origine : Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon
  • Région historique : Honyama
  • Récolte : Ichibancha 2026 (première récolte de printemps)
  • Certification : Non certifié en agriculture biologique
  • Couleur de tasse : Vert clair et dense, légèrement voilée

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