GYOKURO KONACHA

Il n'y a pas encore d'avis.

Court, dense et profondément umami.

Le konacha, ce sont les fines particules séparées lors du raffinage du thé vert Japonais. C'est le thé que l'on sert dans les restaurants de sushis : rapide, intense, sans façon. Celui-ci change la donne, car il ne vient pas d'un sencha ordinaire mais d'un gyokuro, thé ombré pendant plusieurs semaines. Vingt secondes suffisent pour une tasse dense, verte et longuement umami.

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Livré à partir du mardi 15 septembre 2026

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La brisure, quand elle vient d'un grand thé

Il y a une idée reçue tenace sur le konacha : ce serait le fond du panier, la poussière qu'on écoule à bas prix. C'est faux, et il suffit de renverser la question pour le comprendre. Le konacha n'est pas un thé de moindre qualité, c'est une fraction : une taille de particule, séparée par soufflage lors du raffinage. Sa qualité est celle du thé dont il provient, ni plus ni moins. Or celui-ci provient d'un gyokuro, c'est-à-dire du thé japonais le plus exigeant à produire. Voilà tout le sujet de cette fiche.

Provenance des ingrédients

Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon. Cultivars Yabukita et Okumidori. Récolte ichibancha 2026, la première du printemps. Raffiné et sélectionné par la maison Wada Chouji Shouten (和田長治商店).

Terroir

Aoi-ku occupe le nord de la ville de Shizuoka et abrite le berceau historique du thé de la préfecture, autour des vallées de l'Abe et de la Warashina. Le relief y est encaissé, les parcelles installées en pente, et les brouillards de vallée y sont fréquents au printemps : ils tempèrent l'ensoleillement direct et ralentissent la pousse, ce qui est précisément ce que l'on recherche pour un thé de première récolte. C'est dans ce quartier, à Anzai, que se trouve la maison Wada Chouji Shouten, maison de raffinage fondée sur ce métier de sélection.

Ce qu'est vraiment le konacha

Le mot japonais est 粉茶 konacha, littéralement « thé en poudre », même si l'expression est trompeuse : il s'agit de fines particules et de brisures, pas d'une farine. Elles apparaissent au 仕上げ shiage, l'étape de raffinage qui suit la fabrication : le thé brut est trié, calibré, soufflé, et se sépare en familles distinctes. Les feuilles entières donnent le sencha, les tiges donnent le kukicha, les brisures donnent le konacha. Ce n'est pas un classement de valeur, c'est une séparation de nature. Chaque fraction a son usage, son prix et son moment.

La conséquence pratique est mécanique : plus une particule est petite, plus sa surface de contact avec l'eau est grande, et plus l'extraction est rapide. D'où les vingt secondes d'infusion. C'est aussi pour cette raison que le konacha s'est imposé dans les restaurants de sushis japonais, où l'on veut une tasse chaude, puissante et immédiate, capable de nettoyer le palais entre deux bouchées.

Un mot sur la finesse exacte, parce qu'elle se voit et qu'il vaut mieux la dire avant l'achat qu'après. Celui-ci se présente en semi-poudre : plus fin qu'une brisure de thé, moins fin qu'une poudre impalpable. Vous verrez une matière dense d'un vert profond, avec quelques fragments un peu plus clairs. Cette granulométrie intermédiaire est exactement celle qui convient : assez fine pour livrer son goût en vingt secondes, assez tenue pour rester retenue par un filtre correct et ne pas transformer la tasse en boue.

Trois thés verts en fines particules, souvent confondus

La question revient sans cesse en boutique : est-ce que le konacha, c'est du matcha ? Non, et la différence n'est pas une nuance. Voici les trois, côte à côte.

Thé Matière première Préparation En tasse
Konacha courant Brisures de sencha non ombré Infusé, feuille filtrée Vert, franc, astringence marquée
Ce konacha Brisures de gyokuro, ombré plusieurs semaines Infusé, feuille filtrée Dense et umami, astringence retenue
Matcha Tencha ombré, feuille sans nervure ni tige Broyé à la meule, fouetté et bu en entier Épais, mousseux, très concentré

La ligne qui compte est celle du milieu de la colonne « préparation » : le konacha s'infuse et se filtre, le matcha se boit intégralement, feuille comprise. Ce sont deux gestes différents, et deux produits différents. Le konacha n'est pas un matcha bon marché, il n'a jamais cherché à l'être.

Pourquoi « gyokuro » change tout

Le gyokuro est un thé 覆下 ooishita : ses théiers sont couverts pendant une vingtaine de jours ou davantage avant la récolte, sous des voiles qui retiennent l'essentiel de la lumière. La plante réagit à cette privation. Les catéchines, responsables de l'astringence, chutent nettement, tandis que la part relative des acides aminés, dont la théanine, augmente dans l'équilibre général de la feuille. Le rapport bascule : là où un sencha de plein soleil affiche un profil dominé par les catéchines, un thé longuement ombré présente un rapport catéchines sur acides aminés plusieurs fois inférieur. C'est ce basculement, et non un ajout quelconque, qui produit la sensation d'umami : ce goût rond, salin et persistant qui ne ressemble ni au sucré ni à l'amer.

Prenez donc la mesure de ce que vous avez dans la tasse. Une extraction très rapide, propre aux fines particules, appliquée à une feuille dont l'astringence a été volontairement réduite par plusieurs semaines d'ombre. Le konacha courant est puissant mais dur. Celui-ci est puissant et rond. C'est un autre thé.

Deux cultivars, deux apports

La matière première réunit deux cultivars de Shizuoka. Le Yabukita est le pilier du thé Japonais moderne : repéré en 1908 par Hikosaburo Sugiyama parmi des théiers de semis, enregistré en 1953, il doit son nom à sa position, au nord d'un bosquet de bambous. Il donne l'équilibre, la structure et cette franchise verte que tout amateur de thé Japonais reconnaît. L'Okumidori, obtenu en 1974, débourre environ une semaine plus tard : cette maturité tardive lui vaut une couleur plus profonde et une douceur plus enveloppante. Ensemble, l'un tient la ligne, l'autre arrondit les angles.

À la dégustation

Feuille sèche : une semi-poudre d'un vert profond, presque sombre, parsemée de fragments plus clairs. Plus fine qu'une brisure, moins fine qu'une poudre.

Couleur : une liqueur verte, dense, légèrement trouble : c'est normal et c'est bon signe, les particules les plus fines passent le filtre et portent une partie du goût.

Nez : herbe fraîche coupée, algue nori, une pointe de bouillon végétal.

Bouche : l'attaque est immédiate et pleine, le milieu franchement umami, la finale douce et salivante, sans le serrement d'un konacha ordinaire.

Texture : épaisse pour un thé infusé, avec une légère matière en suspension.

Conseils de préparation

Le protocole du producteur : 3 g pour 150 ml, eau à 80 °C, 20 secondes. Pour une grande tasse de 30 cl, doublez simplement les quantités. Vingt secondes, pas davantage : la finesse des particules fait tout le travail, et chaque seconde supplémentaire ajoute de l'astringence sans rien apporter d'autre.

Le filtre : c'est le seul vrai point technique. Un filtre à mailles larges laisse tout passer, une boule à thé est à proscrire. Il faut une théière à filtre fin, un kyusu japonais ou, à défaut, un filtre en tissu. Un peu de trouble dans la tasse est souhaitable, une bouillie ne l'est pas.

L'eau : une eau douce, faiblement minéralisée, extrait nettement mieux les composés du thé vert qu'une eau dure. Sur un thé aussi rapide, la différence s'entend dès la première gorgée.

Réinfusion : une seconde fois, en montant à 85 °C et en gardant 20 secondes. La troisième n'a plus grand-chose à dire, la brisure se donne vite et entièrement.

En version froide : 10 g par litre d'eau froide, trois heures au réfrigérateur, dans une carafe à infusion froide. Le froid n'extrait presque pas de catéchines et laisse l'umami seul en scène. Filtrez au moment de servir.

Astuce de dégustateur : 💡 servez-le à table, sur un repas. C'est là qu'il donne sa mesure. Sa densité et sa rapidité en font le compagnon des poissons crus, des marinades salées et des plats iodés : il nettoie le palais sans l'assécher, ce qu'un thé plus astringent ferait moins bien. C'est exactement le rôle qu'il tient au Japon, dans les comptoirs de sushis, à une nuance près : là-bas, la brisure vient rarement d'un gyokuro.

La sélection MY SWEET TEA : nous avons choisi ce konacha parce qu'il retourne un préjugé. La brisure passe pour un sous-produit ; celle-ci provient d'un gyokuro et donne une tasse plus ronde et plus profonde que bien des sencha entiers. Vingt secondes, un filtre fin, et vous avez le thé le plus direct de notre gamme japonaise.

Le saviez-vous ?

Au Japon, le konacha porte parfois le surnom de 寿司屋の茶 sushiya no cha, « le thé du sushiya ». La raison est très concrète : dans un comptoir de sushis, le chef n'a ni le temps ni la place pour une infusion longue. On verse l'eau sur les particules, on sert dans une tasse épaisse sans anse, et la chaleur tient le temps du repas. Ce thé a donc été choisi pour des raisons de service avant de l'être pour son goût. Il se trouve qu'il a aussi du goût.

Questions fréquentes

Le konacha, est-ce du matcha ?
Non. Le konacha est fait de brisures de feuilles que l'on infuse puis que l'on filtre. Le matcha est une feuille de tencha broyée à la meule de pierre, que l'on fouette dans l'eau et que l'on boit entièrement, sans filtrage. Deux produits, deux gestes, deux prix.

Le konacha est-il un thé de moindre qualité ?
Non, c'est une question de taille de particule, pas de niveau. Le konacha vaut ce que vaut le thé dont il est issu. Celui-ci provient d'un gyokuro, un thé ombré plusieurs semaines avant la récolte, ce qui explique sa rondeur et son umami.

Pourquoi seulement vingt secondes ?
Parce que les particules fines offrent une très grande surface de contact avec l'eau : l'extraction est presque immédiate. Au-delà de vingt secondes, on n'extrait plus l'umami, on extrait l'astringence. C'est le protocole donné par le producteur lui-même.

Ma tasse est trouble, est-ce normal ?
Oui, et c'est même souhaitable. Les particules les plus fines traversent le filtre et portent une partie du goût et de la texture. Une liqueur parfaitement limpide signifierait que votre filtre retient trop. En revanche, un dépôt épais au fond signale un filtre trop large.

Qu'est-ce que l'umami exactement ?
C'est la cinquième saveur, après le sucré, le salé, l'acide et l'amer. On la reconnaît dans le bouillon, le parmesan ou la tomate mûre. Dans le thé, elle vient des acides aminés de la feuille, dont la théanine, que plusieurs semaines d'ombrage mettent en avant en réduisant la part des catéchines.

Ce thé est-il issu de l'agriculture biologique ?
Non. Wada Chouji Shouten ne travaille pas en agriculture biologique certifiée. Nous préférons le dire clairement : notre sélection chez ce producteur repose sur la qualité de la feuille et sur le savoir-faire du maître de thé, pas sur un label.

Contient-il de la théine ?
Oui, et plutôt généreusement : c'est un thé vert de première récolte, ombré, infusé en particules fines. La teneur varie selon le dosage et la durée d'infusion. Il est déconseillé aux femmes enceintes, aux enfants et aux personnes sensibles à la caféine. Pour une tasse du soir, orientez-vous plutôt vers un thé de tiges.


Pour aller avec

Kukicha Bio, l'autre fraction du raffinage →

À lire sur le blog

L'art de la dégustation, lire une tasse →

  • 20 SEC '
    Temps d'infusion
  • 3 g/30cl
    Dosage
  • 80 °C
    Température d'infusion
  • Matin
    Moment idéal

Ingrédients

100 % thé vert Japonais (konacha issu de gyokuro), cultivars Yabukita et Okumidori. Origine : Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon. Récolte ichibancha 2026.

Informations Allergènes :

  • Aucun allergène majeur déclaré (selon le règlement UE n° 1169/2011).

💡 Note de pédagogie & Transparence : le konacha (粉茶) désigne les fines particules séparées lors du shiage (仕上げ), l'étape de raffinage du thé vert Japonais. Ce lot se présente en semi-poudre : plus fin qu'une brisure, moins fin qu'une poudre. Un filtre à mailles fines est indispensable. Ce n'est pas un niveau de qualité mais une fraction : sa valeur est celle du thé dont elle provient. Celle-ci provient d'un gyokuro, thé ooishita (覆下) dont les théiers sont couverts une vingtaine de jours ou davantage avant la récolte. Le konacha se distingue du matcha, qui est broyé à la meule et bu en entier, alors que le konacha s'infuse et se filtre. Ce produit n'est pas certifié en agriculture biologique : la maison Wada Chouji Shouten ne travaille pas en bio.

⚠️ Précautions de consommation : ce produit est un thé vert, source naturelle de caféine (théine). Il est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et aux personnes sensibles à la caféine. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Caractéristiques

  • Type : Thé vert Japonais, konacha issu de gyokuro, avec théine
  • Saveurs : Umami, herbe fraîche, algue nori, bouillon végétal
  • Profil : Dense, rond et salivant, astringence retenue
  • Particularité : Brisure de gyokuro, extraction en 20 secondes
  • Présentation : Semi-poudre, filtre fin indispensable
  • Dosage : 3 g pour 150 ml, eau à 80 °C, 20 secondes (protocole du producteur)

Passeport produit

  • Plante : Camellia sinensis
  • Cultivars : Yabukita et Okumidori
  • Origine : Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon
  • Maison de raffinage : Wada Chouji Shouten (和田長治商店)
  • Récolte : Ichibancha 2026, première récolte de printemps
  • Fraction : Konacha (粉茶), fines particules issues du shiage
  • Granulométrie : Semi-poudre, entre la brisure et la poudre
  • Ombrage : Ooishita (覆下), style gyokuro
  • Certification : Non certifié en agriculture biologique
  • Couleur de tasse : Vert dense, légèrement trouble

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