MACHIKO "LE THÉ DU BONHEUR" * YUZU
Aucun point de fidélité accordé pour ce produit.
Quand le parfum est déjà dans la feuille
Ouvrez le sachet, et vous sentirez la fleur de cerisier avant l'agrume. C'est déroutant la première fois, parce qu'on cherche instinctivement l'ingrédient qui l'a apportée. Il n'y en a pas. Cette odeur sort de la feuille de thé elle-même, du fait de la variété plantée. Le yuzu vient ensuite, il éclaire et allonge, mais il n'est pas à l'origine du parfum principal. C'est ce renversement qui fait tout l'intérêt de ce thé, et c'est assez rare pour qu'on prenne le temps de l'expliquer.
Provenance des ingrédients
Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon. Le thé est composé par Wada Chouji Shouten (和田長治商店), maison de raffinage installée dans le quartier d'Anzai, au cœur historique de la région de Honyama. Récolte ichibancha 2026, la première du printemps.
Terroir
Honyama désigne les vallées de l'Abe et de la Warashina, au nord de la ville de Shizuoka : c'est le berceau historique du thé de la préfecture. Le relief y est encaissé, les parcelles accrochées à la pente, et les brouillards de vallée s'y installent régulièrement au printemps. Ils tempèrent l'ensoleillement direct et ralentissent la pousse. Sur une variété dont l'intérêt réside dans le parfum, cette lenteur compte : une feuille qui pousse doucement construit davantage de composés aromatiques qu'une feuille poussée vite au plein soleil.
Une variété qui n'a qu'un numéro
Commençons par le commencement, qui est une affaire de paperasse. Cette variété s'appelle officiellement Shizu-7132 (静7132). Elle est née dans les années 1960 à la station d'expérimentation théicole de Shizuoka, sélectionnée parmi des semis naturels de Yabukita. Et elle en est restée là. Les variétés retenues et enregistrées reçoivent un nom, comme Yabukita, Saemidori ou Okumidori ; celles qui restent à l'état de lignée gardent leur matricule. Le Shizu-7132 n'a jamais été enregistré, il n'a donc jamais eu de nom.
Pendant des décennies, personne ne s'y est intéressé. Son parfum, pourtant remarquable, est passé inaperçu, et il a fallu attendre le début des années 2000 pour que des producteurs de l'arrondissement de Shimizu, à Shizuoka, décident de le planter sérieusement, précisément pour cette odeur. Il est aujourd'hui cultivé sur de toutes petites surfaces. Ce n'est pas un thé de grande culture, et ce ne le sera probablement jamais.
Alors, qui est Machiko ?
Voici l'histoire que l'on raconte à Shimizu, et que les marchands de thé se transmettent. Parmi les femmes qui cueillaient ce thé, l'une trouvait injuste qu'une feuille aussi belle et aussi parfumée n'ait pas de nom, et n'existe dans les registres que sous la forme d'un numéro. Elle lui a donné le sien. Elle s'appelait Machiko.
Il faut mesurer ce que ce nom n'est pas. Il ne figure sur aucun registre officiel, il n'a aucune valeur administrative, aucune institution ne l'a jamais validé. Il n'existe que parce que ceux qui cultivent, cueillent et vendent ce thé ont choisi de l'employer, et ont continué. Autrement dit, chaque maison de thé qui écrit « Machiko » sur un sachet accorde à cette femme une reconnaissance que le système officiel, lui, n'a jamais accordée à sa variété. Nous le faisons aussi, et c'est pour cela que le nom figure sur notre étiquette.
La comparaison avec le Yabukita est éclairante. Tout le monde sait que le Yabukita a été repéré en 1908 par Hikosaburo Sugiyama : son nom est dans les livres, sur les stèles, dans les manuels. Le Shizu-7132, lui, n'a qu'un prénom, retenu dans un seul arrondissement, transmis de bouche à oreille. Deux façons d'entrer dans l'histoire du thé.
L'odeur, et d'où elle vient
Ce parfum est celui de la coumarine, un composé aromatique naturel de certains végétaux. C'est elle que l'on sent dans le foin fraîchement coupé, et surtout dans la feuille de cerisier salée qui enveloppe les sakura-mochi japonais. D'où le raccourci constant : ce thé « sent la fleur de cerisier ». Il sent en réalité la feuille de cerisier, ce qui est plus juste et plus intéressant. Rien n'a été ajouté : la plante produit ce composé elle-même, et c'est bien pour cela que des producteurs se sont donné la peine de la planter.
D'où vient le parfum d'un thé
Un thé parfumé peut l'être de trois manières, et le client n'a presque jamais les moyens de les distinguer sur une étiquette. Voici les trois, écrites sans détour.
| Origine du parfum | Comment cela se fait | Ce que cela donne |
|---|---|---|
| La variété elle-même | Rien n'est ajouté : la feuille produit le composé odorant | Parfum intégré à la tasse, jamais posé dessus |
| Un ingrédient réel ajouté | Zeste, fleur, fruit séché mélangés à la feuille | Parfum franc et un peu irrégulier, comme le fruit |
| Un arôme | Une préparation aromatisante pulvérisée sur la feuille | Parfum régulier et puissant, souvent lisse |
Ce thé relève des deux premières lignes, et d'aucune autre. Le sakura vient de la variété, l'agrume vient de vrai yuzu. La troisième ligne, nous ne l'employons pas ici. Ce n'est pas un jugement moral sur les thés aromatisés, c'est une information que vous êtes en droit d'avoir avant d'acheter.
Pourquoi la feuille, et non la tige
Nous proposons un autre thé au yuzu de la même maison, monté sur des tiges de thé. La différence n'est pas un caprice de composition. Sur un kukicha, la tige est douce et discrète : elle sert de support et laisse l'agrume occuper tout l'espace. Ici, c'est l'inverse. La feuille de Machiko a quelque chose à dire, et le yuzu vient dialoguer avec elle plutôt que la recouvrir. D'un côté un thé d'agrume, de l'autre un thé de variété. Si l'un vous plaît, l'autre vous surprendra.
Regardez le mélange de près
Il vaut le coup d'œil, parce qu'il se lit. Vous y trouverez d'abord de longues aiguilles vert sombre, brillantes, roulées serré : c'est le sencha, et leur régularité dit un travail soigné. Vous verrez ensuite un nombre notable de bâtonnets pâles, d'un jaune-vert clair, bien plus clairs que la feuille. Ce sont des tiges. Elles n'ont pas été retirées au tri, et c'est une bonne nouvelle : la tige est douce, presque sucrée, dépourvue d'amertume, et elle tempère la feuille sans rien coûter au parfum. Enfin, si vous cherchez bien, de petits granulés orangés apparaissent entre les aiguilles. C'est le yuzu, en très petite quantité : il n'a pas besoin de plus.
À la dégustation
Feuille sèche : de longues aiguilles vert sombre et brillantes, mêlées de bâtonnets pâles et de rares granulés orangés de yuzu. L'odeur de cerisier domine dès l'ouverture du sachet, avant même l'agrume.
Couleur : une liqueur jaune-vert clair, brillante et limpide.
Nez : feuille de cerisier salée et foin coupé en premier plan, puis le yuzu qui monte, mandarine et note résineuse.
Bouche : l'attaque est douce et végétale, le sakura s'installe en milieu de bouche, l'agrume prend la finale et l'allonge.
Rétro-olfaction : c'est là qu'il est le plus impressionnant. Le parfum de cerisier revient après la déglutition, longtemps, alors que la tasse est déjà reposée.
Conseils de préparation
Le protocole du producteur : 5 g pour 150 ml, eau à 80 °C, 45 secondes. Pour une grande tasse de 30 cl, doublez simplement les quantités.
Laissez-lui de la place : les aiguilles sont longues et se déploient beaucoup à l'eau. Une théière à large filtre leur convient bien mieux qu'une boule à thé, où elles resteraient comprimées et ne donneraient qu'une partie de leur parfum.
Le geste qui change tout : humez la feuille sèche avant de verser l'eau, puis le couvercle de la théière juste après. Les deux parfums n'arrivent pas dans le même ordre selon la chaleur, et c'est le meilleur moment du thé.
L'eau : une eau douce, faiblement minéralisée. Sur un thé de parfum, une eau dure écrase les notes les plus fines avant même qu'elles n'arrivent au nez.
Réinfusion : deux fois, en gardant 80 °C et en ajoutant une quinzaine de secondes. Le cerisier tient étonnamment bien sur la deuxième tasse, le yuzu s'estompe le premier.
En version froide : 12 g par litre d'eau froide, quatre heures au réfrigérateur, dans une carafe à infusion froide. Le froid respecte les composés volatils, qui sont exactement ce que l'on vient chercher ici. C'est l'une des meilleures versions glacées de la carte.
Astuce de dégustateur : 💡 ne dépassez jamais 80 °C. Les composés qui portent le parfum de cerisier comme celui du zeste sont volatils : au-delà, ils s'échappent dans la vapeur avant d'atteindre votre tasse, et vous ne buvez plus qu'un sencha correct. Sur ce thé précis, l'eau trop chaude ne coûte pas de la douceur, elle coûte tout le sujet.
La sélection MY SWEET TEA : nous cherchions depuis longtemps un thé dont le parfum soit dans la plante et non dans le flacon. Celui-ci en est un, et Wada a eu la bonne idée de ne pas l'écraser : juste du yuzu, à côté, pour lui donner la réplique. Nous l'avons gardé sous le nom de Machiko, parce qu'un thé qui n'a jamais eu droit à un nom officiel mérite qu'on emploie celui qu'on lui a donné.
Le saviez-vous ?
Au Japon, le sakura-mochi est un gâteau de riz enveloppé dans une feuille de cerisier conservée dans le sel. Ce n'est pas la fleur qui parfume la pâtisserie, c'est la feuille : le séchage et la salaison libèrent son odeur, qui devient alors l'odeur du printemps dans l'imaginaire japonais. Quand on dit d'un thé qu'il « sent le sakura », on parle donc presque toujours de cette feuille-là. C'est aussi ce que vous sentez ici, et c'est pourquoi le rapprochement avec un thé à la fleur de cerisier ajoutée n'a pas lieu d'être : ce n'est ni la même odeur, ni la même origine.
Questions fréquentes
Ce thé contient-il un arôme ajouté ?
Non. Sa composition se limite à du thé vert Japonais du cultivar Machiko et à du yuzu. La note de fleur de cerisier ne provient d'aucun ajout : elle est produite par la feuille de thé elle-même, du fait de la variété plantée.
D'où vient le nom Machiko ?
D'une femme. Cette variété n'a jamais été enregistrée et ne portait qu'un numéro, Shizu-7132. L'histoire que l'on raconte à Shimizu veut qu'une cueilleuse ait trouvé injuste qu'un thé aussi parfumé n'ait pas de nom, et lui ait donné le sien : Machiko. Le nom n'a aucune valeur officielle, il vit parce que la profession l'emploie.
Qu'est-ce que le Machiko exactement ?
C'est le nom d'usage d'une lignée de sélection Japonaise du théier, le Shizu-7132, née dans les années 1960 à la station d'expérimentation théicole de Shizuoka, à partir de semis naturels de Yabukita. Elle n'a jamais reçu de nom de cultivar enregistré et reste plantée sur de très petites surfaces.
D'où vient la note de fleur de cerisier ?
De la coumarine, un composé aromatique naturellement présent dans certains végétaux. C'est l'odeur du foin coupé et surtout celle de la feuille de cerisier salée qui enveloppe les sakura-mochi japonais. Elle est produite par la feuille de thé, pas apportée par un ingrédient.
Pourquoi vois-je des tiges pâles dans le mélange ?
Parce qu'elles n'ont pas été retirées au tri, et c'est volontaire. La tige est naturellement douce et dépourvue d'amertume : elle tempère la feuille sans masquer le parfum. Leur couleur claire au milieu des aiguilles sombres est normale, ce n'est pas un défaut de calibrage.
Quelle différence avec votre Kukicha Yuzu ?
La base. Le Kukicha Yuzu est monté sur des tiges de thé, douces et discrètes, qui laissent l'agrume occuper toute la tasse. Celui-ci est un sencha de feuilles dont la variété porte déjà un parfum : le yuzu y répond au lieu de dominer. Deux thés au yuzu, deux intentions.
À quelle température l'infuser ?
À 80 °C pendant 45 secondes, avec 5 g pour 150 ml, comme l'indique le producteur. Ne montez pas au-dessus : les composés qui portent le parfum sont volatils et partent avec la vapeur. Sur ce thé, la température est le seul paramètre qui ne se négocie pas.
Ce thé est-il issu de l'agriculture biologique ?
Non. Wada Chouji Shouten ne travaille pas en agriculture biologique certifiée. Nous préférons le dire clairement : notre sélection chez ce producteur repose sur la qualité de la feuille et sur le savoir-faire du maître de thé, pas sur un label.
Contient-il de la théine ?
Oui, comme tout thé vert de feuilles. La teneur varie selon le dosage et la durée d'infusion. Il est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et aux personnes sensibles à la caféine.
Pour aller avec
Kukicha Yuzu, le même agrume sur une base de tiges →
À lire sur le blog
-
45 SEC 'Temps d'infusion
-
5 g/30clDosage
-
80 °CTempérature d'infusion
-
Après-midiMoment idéal
Ingrédients
Thé vert Japonais (sencha), cultivar Machiko, et yuzu. Origine : Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon. Récolte ichibancha 2026.
Informations Allergènes :
- Aucun allergène majeur déclaré (selon le règlement UE n° 1169/2011).
💡 Note de pédagogie & Transparence : Machiko est le nom d'usage d'une lignée de sélection Japonaise du théier, le Shizu-7132 (静7132), née dans les années 1960 à la station d'expérimentation théicole de Shizuoka et jamais enregistrée sous un nom de cultivar. Sa note caractéristique de feuille de cerisier provient de la coumarine, composé aromatique naturellement produit par la feuille : elle n'est ni un arôme ajouté ni un ingrédient rapporté. Le yuzu (柚子, Citrus junos) est un agrume Japonais cultivé pour son zeste. Le mélange comporte une part visible de tiges, conservées au tri pour leur douceur naturelle. Ce produit n'est pas certifié en agriculture biologique : la maison Wada Chouji Shouten ne travaille pas en bio.
⚠️ Précautions de consommation : ce produit est un thé vert, source naturelle de caféine (théine). Il est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et aux personnes sensibles à la caféine. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.
Caractéristiques
- Type : Thé vert Japonais parfumé (sencha et yuzu), avec théine
- Saveurs : Feuille de cerisier, foin coupé, yuzu, note résineuse
- Profil : Doux et végétal, très aromatique, finale longue
- Particularité : Le parfum de sakura est produit par la variété elle-même
- Présentation : Feuilles entières, aiguilles longues, part visible de tiges
- Dosage : 5 g pour 150 ml, eau à 80 °C, 45 secondes (protocole du producteur)
Passeport produit
- Plante : Camellia sinensis
- Variété : Machiko, nom d'usage de la lignée Shizu-7132 (静7132)
- Naissance : Années 1960, station d'expérimentation théicole de Shizuoka
- Filiation : Sélection parmi des semis naturels de Yabukita
- Origine : Shizuoka, arrondissement d'Aoi-ku, Japon
- Maison de raffinage : Wada Chouji Shouten (和田長治商店)
- Récolte : Ichibancha 2026, première récolte de printemps
- Second ingrédient : Yuzu (柚子, Citrus junos)
- Arôme ajouté : Aucun
- Feuille : Entière, aiguilles longues, tiges pâles conservées au tri
- Certification : Non certifié en agriculture biologique
- Couleur de tasse : Jaune-vert clair